Bakunin letters (raw txt)


destinataire: Soeurs
destinataire (en Russe):
date: 6 janvier 1832
lieu: Saint-Pétersbourg
pays: Russie
source: Saint-Pétersbourg, IRLI f.16, o.3, d.42
langue: français
traduction:
note: Première publication en langue originale.

|11832 an le 6 Janvier St Peters

Je prends la plume pour vous écrire enfin chères Soeures, et pour vous demander pardon de mon long silence; je crois que vous êtes un peu fachées contre moi, mais vous êtes si bonnes, vous me pardonnerez; je n’ai rien à vous dire pour excuser mon long silence, ma paresse en était seule la cause, mais je vous promets d’être une autre fois plus exact, et de vous écrire plus souvent.
J’ai passé les fêtes très agréablement, elles ont duré deux semaines, j’ai été tout ce temps chez ma Tante, les autres écoles n’ont eu que 4 jours de fête, pour nous comme je vous l’avais dis [intercalé: graces] au grand Duc nous en avons eu deux semaines, c’est une distinction, une récompense qu’il a voulu nous faire.

Il n’y a pas longtemps que mon Cousin !:,8Φ∀>∗Δ !:,8Φ∀>∗Δ≅&4Ρ Α≅:Η∀Δ∀Π8≅6 [Aleksandr Aleksandrovi Poltarackoj] est venu ici, il a dit que peut-être la noce de %∀Δ&∀Δ∀ !:,8Φ∀>∗Δ≅&>∀ [Varvara Aleksandrovna] se fera à Torjok, vous aurez donc apparamment [intercalé: le plaisir] de voir [intercalé: bientôt] ma Tante et mes cousins Poltarazky, si vous les voyez dites je vous en prie [intercalé: bien des choses de ma part] à ma Cousine Tanitchka, dites lui que son souvenir est à jamais imprimé dans mon coeur etc. etc.
Mais vous ne me dites rien des Beers, où sont elles# |2 comptez [intercalé: vous] avoir bientôt le plaisir de les voir? avez vous de leurs nouvelles? Alexis est-il déja entré à l’université? dites le moi je vous en prie, car les Beers m’intéressent beaucoup, je ne les ai pas encore oublié.

Comme il me tarde de vous voir chères Soeures, vous devez être bien changées, mais toujours aussi bonnes aussi douces que vous l’avez toujours été.

Je vous embrasse de tout mon Coeur et je suis
Votre tendre frère

M.Bacounine.#

destinataire: Parents
destinataire (en Russe): Χ≅∗4Η,:4
date: 6 février 1832
lieu: Saint-Pétersbourg
pays: Russie
source: Saint-Pétersbourg, IRLI f.16, o.3, d.52
langue: français, russe, traduction
traduction: IISG
note: Première publication en langue originale (français).

|11832. 6(≅ Février. Samedi.

Comme j’ai été content en recevant vos lettres chers Parents, j’ai été tout-à fait rassuré sur votre santé, qui nous est bien chère, et que nous tacherons tous de vous conserver, en tachant de remplir vos moindres souhaits, et en devenant vertueux.
Vous m’écrivez chère Maman qu’il ne me reste qu’une année jusqu’au bonheur de vous revoir, et vous dites que c’est très peu de tems; comment peu de tems? cette année me paraît être plus longue que les trois ans [intercalé: pris] ensemble, que j’ai passé loin du cher Prémouchino, et cependant les jours passent si vite, que la semaine à peine commencée vient déjà à la fin, sans que nous l’ayons remarqué; nos occupations sont si diverses et si nombreuses que nous n’avons pas le tems de nous ennuyer.
Votre voyage à Twer a du être bien agréable, surtout pour mes soeurs qui me semblent# |2 s’y être bien amusées; mais les pauvres Tanitchka et Sachinka ont dû être bien tristes, je m’imagines l’impatience avec laquelle elles vous attendaient.
Vous m’écrivez chers Parents que ma Tante !:,8Φ∀>∗Δ∀ Κ,∗≅Δ≅&>∀ [Aleksandra Fedorovna], est partie la 19 Janvier pour St Petersbourg avec 7∀Η4>∴8∀ [Katin’ka] et Ε∀Τ4>∴8∀ [Sa©in’ka]; je les attends avec impatience; je crois que ces deux derniers doivent être bien changés depuis le temps que je les ai vu pour la dernière fois à Prémouchino.
1∀Β4Φ8ϑ, 8≅Η≅Δϑ %Ζ ΒΔ≅Φ4Η,, :∃,2>Ζ6 Α∀Β4>∴8∀, β ϑ0, ∗∀&>≅ Φ≅ΦΗ∀&4:, 4 Φ,(≅∗>β Β≅6∗ϑ & 8>40>ϑ :∀&8ϑ ΡΗ≅∃Ζ ϑ2>∀Η∴ ≅ Π,>∀Ν 8>4( >ϑ0>ΖΝ ∗:β ∃Δ∀Η∀ =48≅:∀β; Γ,Η4>∴8∀ ΑΔ∀Φ8≅&∴β ;4Ν∀6:≅&>∀ Ν≅Ρ,Η 4Ν 8ϑΒ4Η∴ 4 &∀< Β≅Φ:∀Η∴ ΒΔ4# |3 Β,Δ&≅6 ≅8∀244. [La note que vous demandez, cher Père, je l’ai établie depuis longtemps, et aujourd’hui j’irai à la librairie demander les prix des livres dont mon frère Nikolaj a besoin; la tante Proskav’ja Michajlovna veut les acheter et vous les envoyer par le premier voyageur].
Adieu chers Parents, je vous demande Votre bénédiction et je suis
Votre tendre et respectueux fils

Michel Bacounine#

destinataire: Parents
destinataire (en Russe):
date: début avril 1832
lieu: Saint-Pétersbourg
pays: Russie
source: Saint-Pétersbourg, IRLI f.16, o.3, d.52
langue: français
traduction:
note: Première publication intégrale en langue originale.

|1Chers Parents!

Je viens de recevoir les lettres de mes soeurs, et je m’empresse de vous répondre. Ma Tante vous à écrit au sujet du malheur qui m’est arrivé, et de la mauvaise excuse que j’ai inventée pour m’en tirer et pour ne pas être sévèrement puni; j’en ai été puni cependant par un renfermement de 2 semaines, et par le doute du colonel du mensonge que je lui avais fait, et je me suis donné la parole, que s’il m’arrivait desaprésent de faire quelque chose de mal, ou de manquer contre le service, malgré toute la sévérité de la punition à laquelle je peux être condamné, de dire la pure vérité.
Serge vous a dit chers Parents que je souhaitais de quitter le service, et que je ne l’aimais pas; il n’a pas compris ce que je lui ai dit; je lui ai dit <qu> que les petites particularités# |2 du service militaire, et de la discipline étaient désagréables, comme par exemple, dans le service militaire on n’a jamais raison contre son ancien; l’exercice est aussi assez pénible; mais je lui ai dit en même temps que je ne quitterai pas le service, car c’est le seul moyen que j’ai pour pouvoir subsister honnètement, et pour pouvoir devenir utile à ma patrie et à mes parents. Je lui ai dit même que quand je serai officier, je changerai peut être d’opinion sur le service militaire, que ce n’est que maintenant que je remplis le service du soldat, qu’il me paraît désagréable, tranquillisez vous chers parents, et soyez sûrs que je n’ai aucune# |3 envie de quitter le service militaire, qui doit être bien agréable pendant la guerre.
Je suis très occupé maintenant; <mon> notre professeur de la langue Française m’a donné une composition à faire: de l’influence des moeurs <à> sur <le> la Litterature, et de la réaction de la Littérature sur les moeurs. Je dois finir cette composition pour les Paques, parce que je la fais pour notre chef, le général EJN@2″>,H, qui a voulu savoir comment on sait la Langue Française à l’école; quand je l’aurai finie, je reprendrai la lecture du Lycée de La Harpe, dont je fais un petit extrait; les mathématiques prennent aussi beaucoup de temps, en général, les occupations ne nous manquent# |4 pas.
Aujourd’hui j’ai vu Mr Révoir, il ma beaucoup parlé de Prémouchino et de ses habitants; il paraît qu’il a l’envie de s’engager de nouveau comme gouverneur de mes frères. Voilà ce qu’il m’a dit: “j’ai besoin d’une douce retraite, où je puisse passer tranquillement ma vie; je voudrais retourner à Prémouchino, pour être le gouverneur de vos frères; je connais les moyens de Mr Votre père, et j’espère pouvoir m’arranger avec lui”. Il a voulu vous écrire lui même.
Adieu chers Parents
Je vous demande votre bénédiction et je suis
Votre tendre et respectueux fils
Michel Bacounine#

destinataire: Soeurs
destinataire (en Russe):
date: 16 avril 1832
lieu: Saint-Pétersbourg
pays: Russie
source: Saint-Pétersbourg, IRLI f.16, o.3, d.42
langue: français, russe, traduction
traduction: IISG
note: Première publication en langue originale (français).

|116 Avril 1832

Je vous félicite chères Soeures avec la grande fête qui a eu lieu, en vous disant: MD4FH@F &@F8D,F,! [le Christ est ressuscité!] vous ne pouvez pas vous imaginer comme j’ai été faché de n’avoir pas pu la passer avec<.> vous. Vous me parlez beaucoup<e> de mes cousins Woulfs, je voudrai bien faire leur connaissance.
J’ai aussi fait beaucoup de nouvelles connaissances, dont j’ai parlé à mes parents: ce sont les Mordwinoffs et les Bacounines; les derniers m’ont beaucoup parlé de vous; Maintenant je m’occupe de la lecture d’un très joli roman<s>: <je> le Corsaire Rouge par Cooper, je lirai après le Bravo roman du même auteur.
je vous embrasse ainsi que mes frères, et je félicite touts les habitants de Prémouchino.
Votre frère,
Michel Bac#

destinataire: Soeurs
destinataire (en Russe):
date: été 1830
lieu: Saint-Pétersbourg
pays: Russie
source: Saint-Pétersbourg, IRLI f.16, o.3, d.42
langue: français, russe, traduction
traduction: IISG
note: Première publication en langue originale (français).

|1 Mes chères soeures

Comme notre officier n’est pas encore revenu de l’école d’artillerie, il me reste un peu de temps pour m’entretenir avec vous.
Il y’a bientôt deux mois que je ne reçois aucune lettre de votre part cependant je vous ai écrit quatre lettres de suite sans en avoir reçu de reponse, enfin je me suis lassé, et j’ai fini par ne plus vous écrire, mais voyant que ça ne sert à rien, je vous écris de nouveau, étant sure de ne pas <de> recevoir de reponse de votre part; le dimanche passé j’ai été chez les Lwoffs dans leur datcha; je me suis beaucoup# |2 amusé.
Je n’ai rien de plus à vous écrire.

Votre frère
Michel Bacounine

J’ai oublié de vous entretenir d’une demoiselle très plaisante, d’une certaine Mlle Olenin [intercalé: agée de 16 ans] qui a été chez les Lwofs et qui joue la romanesque; c’est tout à fait une petite folle; une fois elle commence à réciter des vers, une autre fois elle fait des tragédies; quand elle entend de la musique elle fait des gestes si plaisants devant tout le monde, qu’on ne peut pas s’empêcher de rire.#
|3 Elle se promenait avec Marie Lwoff. Mr Tolstoi vient à leur rencontre. Alors elle dit, Marie, je suis au anges voila un adorateur de plus; enfin elle a fait une quantité de pareilles bêtises qui ont fait rire tout le monde.
A@8:@>4H,F\ @H <,>b %”D&”D, !>*D,,&>,, 4 &F,< ADb<JN4>F84<.
{Saluez de ma part Varvara Andreevna ainsi que tout le monde à Prjamuchino.}

Adieu#

destinataire: Soeurs. 1
destinataire (en Russe):
date: mai 1832
lieu: Saint-Pétersbourg
pays: Russie
source: Saint-Pétersbourg, IRLI f.16, o.3, d.42
langue: français
traduction:
note: Première publication en langue originale.

|1Chères Soeurs

Que je vous remercie pour vos aimables lettres, elle m’ont tout-à-fait rassuré sur votre santé.
La description que vous m’avez faite de vos occupations m’a fait venir l’eau à la bouche, pourquoi ne puis-je pas être maintenant à Prémouchino, que je m’y serais amusé; <nous> mais que faire, il faut bien prendre patience; je vous ai déja écri que je ne vais pas au camp, que je resterai tout ce temps chez ma Tante, et combien j’en suis charmé.
Je vous remercie chères Soeurs pour les conseils que vous avez la bonté de me donner, ils me prouvent combien vous m’aimez; soyez sures que je sens parfaitement toutes les bontés que ma Tante a pour moi, et que j’en suis extrêmement touché.

Adieu chères Soeurs
<J’em> Je vous embrasse 100…es fois et je suis
Votre tendre frère
Michel Bacounine
Mes homages à Mrs mes frères.#

destinataire: Soeurs. 2
destinataire (en Russe):
date: mai 1832
lieu: Saint-Pétersbourg
pays: Russie
source: Saint-Pétersbourg, IRLI f.16, o.3, d.42
langue: français, traduction
traduction: IISG
note: Première publication en langue originale (français).

|1Chères soeurs!

Je suis sure que mon long silence ne vous a pas faché, et que vous m’avez généreusement pardonnée, d’autant plus que ce n’est pas ma faute mais que c’est elle de ma maudite maladie qui m’a empêché de m’amuser pendant les fêtes.
Votre description de vos travaux dans le jardin, et sur la montagne des ormes m’a fait venir l’eau à la bouche; que je voudrais pouvoir travailler avec vous.
Tu me parles, ma chère Ljubin’ka dans ta lettre de la tragédie de PuÓkin Boris Godunov et tu dis que les écrivains allemands# |2 la placent au même rang que les meilleures tragédies de Schiller; ici les avis sont partagés: les uns disent qu’il n’y a rien de bon dans elle, les autres, que cette tragédie est la meilleure oeuvre de PuÓkin. Voici l’opinion de notre professeur de Lettres: il dit que PuÓkin ne s’est jamais trouvé à une telle hauteur mais qu’il a aussi maintes fois chu en décrivant Godunov d’après Karamzin. Deux romans sont sortis récemment: Les Strelcy de Massal’skij et La fille du marchant ðelobov de KalaÓnikov: le premier# |3 m’a beaucoup plu; le second, je ne l’ai pas lu.
Adieu chères soeurs, je vous embrasse mille fois
et je suis
Votre frère et ami
M. Bacounine.

Je vous remercie chers frères Elie et Paul pour vos lettres; elles me prouvent que vous ne m’avez pas encore oublié, pour Mr Nicolas# |4 il ne veut pas me faire l’honneur de m’écrire.
Adieu chers frères
je vous embrasse

Votre frère,
M.Bacounine#

destinataire: Parents
destinataire (en Russe):
date: 13 mai 1832
lieu: Saint-Pétersbourg
pays: Russie
source: Saint-Pétersbourg, IRLI f.16, o.3, d.53
langue: français
traduction:
note: Première publication en langue originale.

|113 Mai. 1832an
Chers Parents!

Me voilà tout-à-fait rétabli; dans une semaine et demi je sortirai <tout> de l’hôpital, je ne suis plus au lit, j’ai regagné toutes mes forces et j’ai repris mes occupations ordinaires, on me fait garder seulement une petite diète. Je me suis bien ennuyé pendant ma maladie, je devais rester couché, je n’avais ni livres, ni rien; maintenant j’aurai bien de l’occupation, je dois rattraper mes camarades et je n’aurai pas le temps de# |2 m’ennuyer.
Imaginez vous chers Parents qu’aujourd’hui le 13 Mai, nous avons eu de la neige; tout ce temps ci nous avons eu un beau temps, mais je n’ai pu en jouir à cause de ma maladie; que Prémouchino doit être beau maintenant; je crois qu’il y fait un peu plus chaud qu’ici, et il doit être dans tout son éclat.
Je crois que ma Tante partira bientôt# |3 pour la campagne, je compte m’y amuser beaucoup; cette campagne est au chemin de Petergoff à 7 verstes de Pétersbourg.
Adieu chers Parents, je vous demande votre bénédiction
et je suis <v>
Votre tendre et respectueux fils

Michel Bacounine.#

destinataire: Parents
destinataire (en Russe): C@*4H,:4
date: 27 mai 1832
lieu: Saint-Pétersbourg
pays: Russie
source: Saint-Pétersbourg, IRLI f.16, o.3, d.53
langue: français, russe, traduction
traduction: IISG
note: Première publication en langue originale (français).

1832 an 27 Mai StPetersbourg

Chers Parents!

Votre silence m’inquiette extrêmement; il y-a déjà plus de deux semaines que je n’ai pas reçu de vos nouvelles; ma Tante, qui a eu la bonté de venir me voir aujourd’hui, m’a rassuré en me disant qu’apparement, vous êtes en voyage.
Ma Tante est extrêmement inquiette maintenant; la comtesse est sérieusement malade; cependant il semble que graces à Dieu elle est mieux aujourd’hui, j’espère qu’elle se rétablira bientôt.
Je suis encore à l’hopital chers Parents, mais je suis presque tout-à-fait rétabli, quoique encore un peu faible; le Colonel m’a déclaré que je n'<au> irai pas au camp à cause de ma faiblesse; et je passerai deux mois à peu près chez ma Tante à la campagne; je me propose de m’y bien amuser; le Colonel m’a dit qu’il voudrait parler à ma Tante, et ma Tante quoique bien affairée a eu la bonté de venir ici à l’école, cependant elle n’a pas vu le Colonel, car il n’a pas été à la maison; ma Tante [intercalé: lui] écrira demain une lettre <au Colonel> et peut-être dès demain je pourrai aller chez elle; j’attends le jour de demain avec une# |2 grande impatience; mais ne croyez pas chers parents que je quitte mes études; au contraire, si j’étais au camp, je <ne pourrai> n’aurais pas eu le temps, et il me serait impossible de m’occuper, à<u> cause de la grande chaleur et de la fatigue qu’on y éprouve, au lieu que chez ma Tante je pourrai m’occuper chaque jour.
I >”F $Z: &R,D” %,:4846 7>b2\ ;4N”4: A”&:@&4R; @> BD4,N”: 8 >”< & :”2″D,H 4 <2″<,H4:> F8″2″: RH@ b &@ &D,<b $@:,2>4 J0″F>@ &ZD@F; <<Z> b F >4< <,D4:<4F\>Fb 4 @> J&4*”& RH@ b &ZT, +(@, F8″2″:: <@:@*Z, :`*4 D”FHJH &F, &&,DN, ” <Z FH”D484 D”FH,< J0, &>42; @> @R,>\ $Z: *@&@:,> JR4:4V,<. {Le Grand Duc Michail Pavlovi… était chez nous hier; il est venu dans notre hôpital et a dit que j’avais terriblement grandi durant ma maladie; lui et moi nous sommes mesurés, et voyant que je suis plus grand que lui, il a dit: Les jeunes gens poussent tous par le haut, et nous, les vieux, nous poussons par le bas. Il a été fort satisfait de l’Ecole.}

Adieu chers Parents, je vous demande Votre bénédiction
et je suis <votre t>
Votre tendre et respectueux fils.
M. Bacounine
J’embrasse mes soeurs et mes frères.#
|3J’espère que Vous me pardonnerez [intercalé: chers parents] les fautes que j’ai faits par inadvertance; en relisant ma lettre j’en ai corrigé quelques unes.#

destinataire: Parents
destinataire (en Russe): C@*4H,:4
date: 17 juin 1832
lieu: Saint-Pétersbourg
pays: Russie
source: Saint-Pétersbourg, IRLI f.16, o.3, d.52
langue: français, russe, traduction
traduction: IISG
note: Première publication en langue originale (français).

|11832 an 17 Juin St. Peters.

Chers Parents!

Hier en arrivant chez ma Tante j’ai reçu de vos nouvelles, les lettre de mes soeurs m’ont rempli de joie, n’ayant pas reçu de vos nouvelles pendant plus de deux semaines, je commençais déjà à craindre que quelqu’un de vous ne soit malade, mais maintenant je suis tout-à-fait rassuré sur votre santé; graces à Dieu que la maladie de maman soit passée, j’espère qu’elle ne reviendra pas de longtemps.
En arrivant ici j’ai trouvé ma pauvre Tante extrêmement malade, elle a gagné la fièvre et elle souffre beaucoup; la Comtesse est toujours malade, je l’ai trouvée tout-à-fait maigre et pale; c’est un homéopate (Mr Hermann) qui les traite, il promet qu’elles se rétabliront bientôt, Dieu veuille que ses promesses se réalisent.
%@F8D,F,>\, H@-,FH\ 19(@ R4F:” &F, JR,$>Z, 2″&,*,>4b &ZFHJBbH & :”(,D4; b 0, @FH”>JF\ >” &F, :”(,D>@, &D,<b 2*,F\ J H,H,>\84; 8″8 F8@D@ H,H,>\8, 4 ‘D”L4>, $J*,H :JRT,, <Z B,D,,*,< >” *”RJ# |2 >” F,*\<@6 &,DFH, @H A,H,D$JD(“. {Dimanche, c’est-à-dire le 19, tous les établissements d’enseignement feront route pour les camps; moi, je resterai ici, chez notre tante, pour toute la durée des camps. Dès que notre tante et la comtesse iront mieux, nous partirons pour la datcha, à six kilomètres après Pétersbourg.
Le grand-Duc a passé hier notre Ecole en revue et il en a été très content; @> B@P,:@&”: BD”&@(@ L:”>(@&@(@ 4 &,:,: &F,< B,D,*”H\. {il a donné l’accolade au flanc gauche et a ordonné de faire passer à tous.}

Adieu chers Parents je vous demande Votre bénédiction et je suis
Votre tendre et respectueux fils
Michel Bacounine.#

destinataire: Parents
destinataire (en Russe):
date: 28 août 1832
lieu: Saint-Pétersbourg
pays: Russie
source: Saint-Pétersbourg, IRLI f.16, o.3, d.53
langue: français
traduction:
note: Première publication en langue originale.

|1Dimanche 28 Août 1832 an St Petersbourg

Chers Parents!

Vous avez vu je crois dans ma dernière lettre que ma Cousine Poltarazky était <arrivée> venue ici pour passer plusieurs semaines; vous avez vu aussi combien j’étais charmé de son arrivée; je me faisais une fête de passer encore quelques jours avec elle, quand tout-à-coup on nous enferme tous par l’ordre de l’empereur, à cause du mauvais temps; vous ne pouvez pas vous imaginer combien cet ordre nous a fait de la peine; nous voilà de nouveau renfermés pour plusieurs mois, nous voilà de nouveau privés pour longtemps du plaisir de voir nos parents; n’est ce pas désolant! mais que faire, nos plaintes ne pourront changer de rien à cet ordre qui a mis la tristesse la plus profonde dans nos coeurs; nous n’avons rien autre chose à faire que de travailler, de travailler, et de travailler; ce n’est que par ce moyen que nous parviendrons peut-être au bout de ces éternels quatre mois qui nous séparent de la liberté; dans quatre mois chers parents je serai officier, dans quatre mois il n’y aura plus de quatre murs qui puissent m’empêcher de voler là où mon coeur m’appelle. Mon Oncle !:,8F,6 A”&:@&4R a eu la bonté de venir me voir, il m’a beaucoup parlé de Vous chers Parents et de mes soeurs, je ne me lassais pas de l’entendre; il a rencontré mon Cousin Bacounine qui lui a dit qu’il croyait que quand je serai officier on me donnerait un semaistre d’une semaine au moins; et les quatre mois passés je serai donc à Prémouchino; mon Dieu que cette pensée me rend heureux, à peine ose-je m’y livrer entièrement, mais encore quatre terribles mois, c’est affreux; plus j’approche de leur fin et plus le temps me paraît long.#
|2Mr Montaigne a eu la bonté de venir me voir il n’y a pas longtemps et de me communiquer Vos ordres et Vos conseils, chers Parents, que j’ai reçu avec transport, comme un nouveau signe de Votre bonté pour moi, et auxquels je tacherai de me conformer pendant tout le reste de ma vie. J’ai promis à Mr Montaigne de passer chez lui samedi en allant chez ma Tante, mais n’ayant pas pu tenir ma parole à cause du facheux contre-temps dont je vous ai déjà parlé, <j’ai> je lui ai envoyé un domestique pour m’excuser auprès de lui; le domestique ne l’ayant pas trouvé, il m’aura peut-être attendu pendant toute la journée; je vous prie donc chers parents de m’excuser auprès de lui [intercalé: quand vous le verrez] et de lui dire que mon impolitesse était involontaire.
Adieu chers Parents, je vous demande Votre bénédiction et je suis
Votre tendre et respectueux fils
Michel Bacounine.#

destinataire: Soeurs
destinataire (en Russe):
date: 28 août 1832
lieu: Saint-Pétersbourg
pays: Russie
source: Saint-Pétersbourg, IRLI f.16, o.3, d.54
langue: français
traduction:
note: Première publication en langue originale.

|1Chères soeurs!

Voyez-vous comme je suis exact, je recommence de nouveau à vous écrire souvent; maintenant que je suis enfermé je n’aurai pas de plus agréable passe-temps que de m’entretenir avec vous; vous qui êtes mes meilleures amies. Mon oncle Poltarazky m’a beaucoup parlé de vous toutes, et de Nicolas,# |2 il m’a dit que vous m’attendez avec la plus grande impatience; qu’il me tarde à moi-même de vous voir, chères soeurs! mon Dieu! que je serai heureux alors! à peine je peux m’imaginer ce bonheur! Mon oncle m’a dit que Nicolas avait la vue basse et que mon frère Alexandre était un grand danseur, ce n’est pas comme moi qui déteste la danse.
Vous savez que ma cousine Poltarazky est ici; elle a eu mille bontés pour moi, et je suis au désespoir de ne pouvoir plus la voir. Vous m’avez écrit que les Beers viendraient passer deux mois à Popovo, demandez-leur si elles se [rappèlent ?] encore de moi, et parlez-leur, je vous en prie, d’un certain comte Tolstoi (mon camarade de classe) qui, je ne sais comment, leur est parent.

Adieu, chères soeurs, je vous embrasse mille fois et je suis

votre tendre frère et ami
Michel Bacounine.

J’embrasse mes frères. J’ai oublié de vous féliciter, chers Parents, avec la fête de Papa et de mon frère Alexandre; je forme les voeux les plus sincères pour votre santé qui nous est si précieuse, cher Papa.#

destinataire: Soeurs
destinataire (en Russe):
date: 17 septembre 1832
lieu: Saint-Pétersbourg
pays: Russie
source: Saint-Pétersbourg, IRLI f.16, o.3, d.43
langue: français
traduction:
note: Première publication en langue originale.

|11832 – 17 Septembre St Petersbourg

Vous voila déja courroucées, chères soeurs, vos yeux lancent des feux terribles, vous criez au manque de parole, mais modérez vos transports et veuillez bien m’entendre; voila déja près de trois semaines que je ne vous ai pas écri un mot, mais la faute n’en est pas à moi, elle en est toute entière à notre examen, qui aura lieu vers le milieu de Novembre et qui sera des plus sévères; on ne veut pas nous donner de temps pour nous préparer, disant que ceux qui ont bien étudié pendant le cours de l’année, doivent tout savoir sans se préparer; nous ne dormons pas les nuits, nous n’avons pas une minute de libre, et voila la source de mon silence; j’espère donc, chères soeurs que vous n’êtes plus fachées contre moi, maintenant, que vous savez les raisons qui m’ont empêché de vous écrire.
Je vous félicite chère Lubinka, avec votre fête, mon Dieu que je serais heureux si je pouvais passer ce jour avec vous, qu’il me tarde de vous voir, de vous embrasser toutes, vous êtes de si bonnes soeurs je vous aime tant, il me semble que pendant toute ma vie je n’aurai pas d’autre volonté que la votre, que toutes mes actions n’auront pas d’autre but que celui de me rendre digne de votre amitié pour moi. Vous aurez du monde aujourd’hui je suppose, les Beers, qui sont charmantes dit-on, remplies de talents, je voudrais bien les voir, et je suis désolé qu’elles ne soyent venues à Papowo que pour si peu de temps; Mlle Natalie est bien bonne de ne m’avoir pas tout-à-fait oublié, et de s’être ressouvenue de moi; dites lui je vous en prie que j’en ai été enchanté; pour ce qui regarde Mr Aléxis (qui je crois est étudiant de l’université de Moscou et par conséquent trop élevé pour pouvoir se rappeler de moi, pauvre artilleur) ayez la bonté de lui présenter mes respectueux hommages.
Vous m’écrivez chères soeurs que Mlle Doctoroff est à Petersbourg, je le savais depuis longtemps par ma Cousine Bacounine qui l’a vue plusieurs fois à l’hérmitage; je ne sais comment j’aurais# |2 fait pour me présenter à elle même sous mon nom, car m’ayant connu comme enfant, il pourait bien être qu’elle ne <voudra> se souciera pas de me connaître comme jeune homme; comment puis-je savoir que ma visite ne lui sera pas même désagréable? et vous me dites que j’aille chez elle, sans me nommer, sans me faire reconnaitre, pour la tourmenter un peu? certes, le tourment est grand! ce n’est qu’en province qu’il est permis de former un plan aussi bien conçu, et je ne puis pas concevoir comment Mlle Beer, habitante de Moscou, a pu donner son consentement à un projet aussi étrange; oubliez-vous donc que je ne suis pas à Torjok, et ne savez [intercalé: vous] donc pas qu’à Petersbourg il n’est pas de coutume de se présenter chez qui que cela soit sans se nommer; mais supposons encore que je parviendrai jusqu’à elle et que je commencerai mon role; son frère (que je n’ai pas l’avantage de connaitre et qui est, dites vous, capitaine de la marine) pourra bien prendre la chose au sérieux, il s’imaginera peut-être que je suis venu me moquer de sa soeur, et je m’atirerai alors une histoire bien désagréable; les partis seront inégaux, car lui il est officier et moi je ne suis encore qu’un pauvre porte-enseigne (qui du reste lui même dans trois mois, mettra les épaulettes). Je vous dirai encore, chères soeurs, que je ne comprends pas le but de votre projet: vous croyez apparement que mon apparition subite causera l’étonnement, la surprise, (j’allais dire la joie) de Mlle Doctoroff? vous vous trompez fort; je vous le répète encore une fois: Mlle Doctoroff qui ne m’a connu que comme enfant, a très certainnement oublié depuis longtemps que même j’existais; et si je me présente à elle, si je m’en fais même reconnaitre, elle n’en sera pas plus avancée, je lui serai aussi étrange après m’être nommé, que je ne le lui ai été avant, et le dénouement de cette comédie [intercalé: <autre>] sera tout-à-fait [intercalé: autre] que vous ne vous l’êtes imaginé; dites donc je vous en prie à Mlle Natalie que malgrés# |3 tout mon désir de remplir sa volonté (car c’est la sienne j’en suis sure) il me sera impossible de le faire; si elle ne voudra pas bien avoir la bonté de me donner quelques renseignements qui [intercalé: me] mettent mieux au fait de la chose. Toutes ses raisons cependant n’auraient pas pu m’arreter peut-être s’il n’y avait pas une raison plus forte qui ne m’aye mis [intercalé: pour quelque temps] dans l’impossibilité de vous satisfaire: c’est le Choléra, qui est la vraie cause de notre enfermement dont je vous ai déjà parlé, et que j’ai<t> attribué alors au mauvais temps (ce prétexte cependant a été [intercalé: aussi] dans l’ordre [intercalé: par lequel on nous a enfermé] de [ill.]) de peur de vous inquiéter sur mon compte; il est vrai que le Choléra est à Petersbourg, mais très faible et ne se manifestant que sur ceux qui négligent les précautions nécessaire, de sorte que nous sommes tous hors de ses atteintes.
Je vous remercie chère Tanichka de m’avoir enfin parlé de ma Tante G”H\b>” ;4N”6:@&>” [Tat’jana Michajlovna] et de mes cousines, vous dites que ma Cousine Tanitchka ne m’a pas oublié, j’en suis charmé; elle doit être extrêmement changé, grandie, embellie, toujours aussi bonne; dites lui je vous en prie si vous la voyez encore une fois que je l’aime de tout mon coeur, et que son souvenir ne s’est jamais éffacé et ne s’éffacera jamais de mon Coeur.
Adieu chères soeurs je vous embrasse <de tout mon coeur> un million de fois
et je suis
Votre tendre frère et ami
M. Bacounine.
Je baise les mains de Papa et de Maman et je leur demande leur bénédiction; j’embrasse mes frères.#

destinataire: Soeurs
destinataire (en Russe):
date: 5 novembre 1832
lieu: Saint-Pétersbourg
pays: Russie
source: Saint-Pétersbourg, IRLI f.16, o.3, d.42
langue: français
traduction:
note: Première publication en langue originale.

|1Vous êtes un peu fachées contre moi chères soeurs pour mon silence, mais j’espère que vous me pardonnerez quand je vous dirai que je me lève ordinairement à 3 heures du matin et quelquefois à 2 et 1 heure<s>, tellement le temps me manque; l’examen aura lieu vers le 20 de ce mois de sorte qu’il ne me reste que <p> deux semaines à peuprès pour me préparer. J’espère qu’avec l’aide de Dieu je subirai bien l’examen et que dans deux mois je serai officier. Ah peut-être alors je pourrai faire plus que de vous écrire, je pourrai peut-être venir vous voir, vous embrasser!….
Vous avez été malade ma pauvre Tanitchka, j’espère que votre maladie est passée, <et> que vous n’en ressentez plus les suites et que vous en êtes entièrement guérie; que je voudrai avoir vu Warinka jouant dans la tragédie de )4<4HD46 )@>F8@6 [Dimitrij Donskoj], je me souviens comme elle a bien rempli<,> le role d’Egyste dans Mérope (de Voltaire), c’est dommage que le tyran Polyphonte (il me semble) ne <conn> savait pas son role et que la parole lui manquait.
Mlle 7@0,&>48@&” [Koñevnikova] m’a dit que 9,@>4* =48@:”,&4R [Leonid Nikolaevi…] se propose de venir ici avec Mr Feiguerl, je <me pr> suis charmé de pouvoir enfin faire la connaissance de ce dernier; j’en ai [intercalé: tant] entendu parler, ce qui me le rend cher c’est l’attachement qu’il a pour vous toutes; je l’attends avec impatience.# |2 Je vous ai déjà écri je crois que depuis longtemps le choléra ne nous retient plus à l’école où je suis maintenant (malgrés que demain nous avons dimanche) et d’où je ne sortirai avant la fin de l’examen (j’espère la joie dans le coeur.)
Vous dites chères soeurs que Mlle Doctouroff a eu la bonté de vouloir m’envoyer chercher; aussi quand je serai officier je ne manquerai pas d’aller l’en remercier elle même.
Mlle Nindel est bien bonne de se rappeler de moi, je vous prie chères soeur<e>s de l’en remercier de ma part.
Le conte que vous m’envoyez [intercalé: chère Lubinka] est tout original<e>; je crois en deviner l’auteur; [intercalé: je crois que] c’est un gouverneur des environs qui est tout-à-fait drole à ce qu’on dit, avec sa prétention d’être poète; n’est-ce pas à lui que Mr Wiasemsky a dédié des vers <avec un> très droles avec une lettre tout-à-fait <ironique> flatteuse<s> pour lui qu’il a pris pour de l’argent comptant.
Adieu chères soeurs
je vous embrasse mille fois
ainsi que mes frères
M. Bacounine
Je baise les mains à Papa et à Maman.#


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